Si l’indicateur 23 parle de textes, l’indicateur 24, lui, parle du terrain. Et c’est souvent celui que les organismes prennent le plus à la légère, à tort. Parce qu’un auditeur qui creuse cet indicateur cherche à savoir une chose simple mais essentielle : est-ce que ce que vous enseignez correspond encore à la réalité du métier que vous préparez ?
Ce que demande l’indicateur 24
Vous devez suivre comment évoluent les compétences attendues, les métiers et les emplois dans vos domaines d’intervention. L’idée n’est pas de faire de la sociologie du travail, mais de garder vos formations utiles. Un contenu qui prépare à des compétences que le marché ne demande plus, c’est exactement ce que cet indicateur veut éviter.
Les bonnes sources, très différentes de la veille réglementaire
C’est le premier réflexe à avoir : on ne suit pas l’indicateur 24 avec les mêmes sources que l’indicateur 23. Ici, on regarde du côté des observatoires de branche, des études sectorielles, des référentiels métiers, et surtout des retours du terrain. Vos partenaires entreprises, vos financeurs, vos anciens stagiaires devenus professionnels : ce sont des sources vivantes, souvent bien plus parlantes qu’un rapport de cent pages.
C’est d’ailleurs ce que j’apprécie chez les organismes qui font bien cet indicateur : ils n’inventent pas une veille artificielle, ils formalisent simplement ce qu’ils entendent déjà de leurs partenaires.
L’exploitation, toujours l’exploitation
Vous allez me trouver insistante, mais c’est le nerf de la guerre sur tous les indicateurs de veille. Suivre l’évolution d’un métier ne sert à rien si ça ne touche jamais vos formations. Ce que je veux voir, c’est le lien : « le métier a évolué sur tel point, donc nous avons ajusté tel module ». Même un petit ajustement, tracé et daté, vaut mille fois mieux qu’un dossier d’études que personne n’a exploité.
L’absence de ce lien est la faiblesse la plus courante sur l’indicateur 24. Beaucoup d’organismes ont l’information, mais ne montrent jamais qu’elle a servi à quelque chose.
À quoi ressemble une preuve solide
Comme pour toute la veille, une preuve qui passe l’audit est datée, sourcée et tracée. Sur l’indicateur 24, la trace prend souvent la forme d’une note du type : « retour d’un partenaire ou d’une étude, à telle date, sur telle évolution, décision d’ajuster tel contenu ». C’est court, c’est concret, et c’est exactement ce que l’auditeur cherche. Pour aller plus loin sur ce qu’est un bon dossier, voyez à quoi ressemble un dossier de preuve de veille qui passe l’audit.
Le mot de la fin
L’indicateur 24 n’est pas un exercice académique, c’est un garde-fou contre l’obsolescence de vos formations. Suivez le terrain plus que les grandes études, et montrez à chaque fois ce que vous en tirez. Fait régulièrement, c’est deux minutes de notes de temps en temps, et un indicateur qui passe tout seul.
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